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annonces rencontres paysans Tome 2, Chapitre 10 « Ileana » piesa teatru rencontre Tome 2, Chapitre 10
Ileana déposa les deux robes achetées par les jumelles au fond d'un sac à dos presque vide. Garnet les avait invités à rassembler leurs affaires, mais ils ne possédaient pas grand-chose et rien à quoi la jeune femme ne tînt réellement.
    
    Vince en faisait autant, ébouriffant ses cheveux qui devenaient de plus en plus gris :
    
    — Désolée, dit-elle, les yeux vers le sol.
    
    Il ne réagit pas immédiatement et Ileana se demanda s'il l'avait entendu :
    
    — Déso…
    
    Vince lui coupa la parole :
    
    — Pourquoi ?
    
    Il avait les sourcils froncés à l'extrême, cherchant de toute évidence à donner un sens à ses excuses.
    
    — Pour tout à l'heure, expliqua-t-elle. Je ne maîtrise pas ma magie.
    
    Son regard s'illumina :
    
    — Ah ça ! Inutile de crier !
    
    — Mais je ne crie pas, s'offusqua-t-elle.
    
    — Non, c'est juste une expression qu'on a l'habitude d'utiliser. En gros, ça veut dire que tu n'as pas besoin de forcer le contact.
    
    — Je ne comprends pas.
    
    — Vas-y, essaye !
    
    — Quoi ?
    
    — Pense simplement à lier nos magies.
    
    Déconcertée qu'il l'encourage à faire usage de son don, Ileana tenta l'expérience sans conviction. Elle ressentit sans mal la magie de Vince plus vive que nulle autre. Avec la même facilité, elle identifia les pulsions de chaque élément. La jeune femme s'imagina associer sa propre énergie à la sienne et cela se fit sans difficulté. Elle écarquilla les yeux, envahie par des sensations nouvelles qu'elle essayait de décortiquer.
    
    — Tu vois ? s'amusa-t-il. C'est pas compliqué !
    
    Les larmes menaçaient de couler, mais elle les retint, l'expression farouche. Vince ne fit aucune remarque sur son mutisme. Parce qu'il n'avait pas réalisé son trouble ou par politesse, elle n'aurait su le dire. Chacune des fluctuations qui agitaient sa magie le faisait au diapason des siennes. Elle éveilla celle liée au feu et le flux de Vince l'absorba immédiatement, prêt à prendre le contrôle s'il lui venait à l'idée de matérialiser l'élément.
    
    Ignorant le frisson d'appréhension qui remontait dans son dos, elle fit naître une flamme dans la paume de sa main. Vince déposa des chaussettes dans son sac et approcha ses doigts des siens. Sans qu'un contact soit nécessaire, le feu passa d'un corps à l'autre. Il ferma le poing et il s'éteignit en quelques secondes.
    
    — Ne te force pas, c'est pas la peine, ronchonna-t-il. On aura le temps de faire des expériences dans des conditions plus calmes. Tu pourras te familiariser avec ta magie.
    
    — Tu le penses vraiment ? demanda-t-elle.
    
    — Quoi ?
    
    — Qu'on sera un jour dans une situation plus stable ? J'ai du mal à y croire.
    
    — On sera prudent durant les trajets. Et une fois chez mes parents, on sera à l'abri.
    
    — La colonie aussi était un endroit sûr.
    
    — Roraima était bien jeune comparée aux Chenus. Je suis persuadé qu'il y a peu de lieux plus sûrs où passer les prochains mois.
    
    — Encore faut-il y parvenir.
    
    — Sur ce point, je ne te contredirai pas.
    
    Ileana ferma son sac et profita de la bonne disposition de Vince pour prolonger la conversation :
    
    — J'étais contente d'avoir trouvé mon Dimidiam ?
    
    — C'est le rêve de beaucoup de Mages, d'autant plus pour ceux qui souhaitent intégrer les équipes de protection. Avoir un Dimidiam est un atout indéniable pour être affecté aux meilleures missions. Tu as toujours su que c'était ce que tu ferais. Donc oui, tu étais enchantée en fait. Tu espérais ce moment.
    
    — Vraiment ? Je voulais devenir un Agent ?
    
    — C'était ton plan de carrière ! Et quand tu avais une idée en tête, il y avait peu de chances de te faire changer d'avis.
    
    — On s'entendait bien ?
    
    — En mission, nous n'avions pas besoin de parler, on était en général sur la même longueur d'onde. En dehors, on se disputait souvent.
    
    — On ne s'appréciait pas ?
    
    — On est aussi buté l'un que l'autre ! Lorsqu'on n'était pas d'accord sur un sujet, on montait vite en pression.
    
    Ileana ne s'attendait pas à cette révélation et ne savait qu'en penser. Si elle avait dû projeter quelque chose, cela aurait été une relation rassurante et sereine, à l'image de ce que lui apportait leur lien magique.
    
    Elle cherchait encore une question à lui poser lorsqu'on frappa à la porte :
    
    — Vous êtes prêts ? demanda Janaya en ouvrant.
    
    — Moi oui, répondit Vince.
    
    — Moi aussi, dit-elle en serrant son maigre bagage contre elle.
    
    — Alors on part.
    
    — Déjà ? s'exclama Vince.
    
    — Elaine n'est pas tranquille.
    
    Cela suffit au jeune homme qui se mit immédiatement en route. Ileana jeta un dernier regard à la chambre, un sentiment de malaise lui oppressant la poitrine : elle doutait de retrouver un jour un endroit calme où elle pourrait se sentir à peu près en sécurité.
    
    — Ça va aller, dit Vince sans se retourner pour autant.
    
    Elle s'engagea à leur suite dans la pièce à vivre où se trouvaient déjà les autres.
    
    — Faites attention à vous, recommanda Elaine, d'une voix inquiète. J'espère que le voyage se déroulera aussi bien que possible.
    
    — Vous… Tu ne viens pas ?
    
    Sa mère l'avait reprise de nombreuses fois pour l'encourager à la tutoyer, mais cela semblait artificiel à Ileana.
    
    — Non. Je peux peut-être aider à la colonie, lui répondit la Sensible.
    
    Janaya afficha une moue sceptique. L'incompréhension d'Ileana dut se lire sur son visage parce qu'Elaine poursuivit.
    
    — Je vais utiliser ma sensibilité pour tenter de repérer des survivants.
    
    — Ça fait trois jours ! s'exclama Janaya.
    
    Seulement trois jours, songea Ileana. Il s'était passé tant de choses que le cours du temps lui paraissait perturbé.
    
    — On parle de Mages, rectifia sèchement Elaine. Les chances que des personnes soient coincées sous terre sont loin d'être négligeables.
    
    Elle adressa un sourire triste à sa fille :
    
    — Je suis désolée que nos routes se séparent si vite. Si tu as des questions, n'hésite pas à les poser à Vincent.
    
    — Ou Aymeric, précisa le jeune homme. Sur certains aspects, il te connait bien mieux que moi. Et puis, ta mère ne sera pas injoignable non plus : on devrait pouvoir se connecter et tu pourras lui poser directement tes photos par mail ou appel vidéo !
    
    Elaine ne semblait pas convaincue, mais ne le reprit pas.
    
    — Nous y allons ? les pressa Garnet.
    
    — Oui, lança Janaya, une lueur farouche dans le regard.
    
    Ileana fut la dernière à monter dans le fourgon. Elle dévisageait sa mère et se demandait si elle la reverrait.
    
    À présent qu'elles devaient se séparer, la jeune femme craignait d'avoir fait une erreur en la repoussant ainsi. Après le cauchemar, la discussion avec Janaya, puis Vince, elle se sentait prête à l'écouter. Mais ce n'était plus le moment. Et il était peu probable que ce le soit à nouveau un jour. Elle avait un regret et réalisa que c'était le premier depuis qu'elle s'était réveillée dans cette chambre d'hôpital.
    
    — Ileana ?
    
    Elle se tourna vers Vince qui s'était penché pour mieux la voir :
    
    — J'arrive, lui répondit-elle.
    
    — Fais-lui un câlin si tu as besoin ! s'exclama Vince en reprenant place à l'intérieur.
    
    Elle ne réussissait pas à déterminer si c'était une plaisanterie. De nouveau, elle dévisagea sa mère. Est-ce qu'elle avait eu l'habitude de la prendre dans ses bras ? Elle avait le sentiment que non : la Sensibilité d'Elaine devait redoubler de force par le contact et cela devait être désagréable.
    
    — Au revoir, finit-elle par lui dire.
    
    — Bonne route à vous. Que les quatre éléments vous protègent et guident vos pas.
    
    Vince poussa un soupir à fendre l'âme pendant qu'Ileana les rejoignait. Elle n'avait pas encore refermé la porte que Garnet avait déjà démarré le moteur. Ils avaient pris la Jeep d'Elaine, lui laissant la petite voiture avec laquelle était arrivé l'agent.
    
    Ils s'engagèrent dans l'allée menant à la maison, puis dans la rue. Ileana ne quittait pas sa mère du regard, un sentiment de malaise au creux de l'estomac.
    
    — Faut pas qu'Elaine tarde à partir, s'inquiéta Janaya.
    
    L'angoisse perceptible dans sa voix alerta Ileana. Elle observa les pavillons autour. Quelques personnes étaient sur les parvis, les dévisageant avec méfiance.
    
    — Je ne m'en ferais pas pour ça, dit Vince se laissant aller contre l'appui-tête, leur suspicion déborde par tous les pores de leur peau : impossible qu'Elaine passe à côté avec sa sensibilité.
    
    — Elle pourra vraiment aider à Roraima ? demanda Janaya avec scepticisme.
    
    — Elle ne peut pas prendre un avion : se rendre dans un aéroport lui provoquerait des malaises à répétition, répondit Vince. Voyager au petit bonheur la chance est trop dangereux avec les briseurs qui ont les crocs. Je suppose qu'elle s'imagine n'avoir pas mieux à faire dans les prochaines semaines.
    
    — Et la population à la colonie a drastiquement diminué, elle devrait pouvoir le supporter sans problème, analysa cliniquement Jaelyn.
    
    Aymeric manqua s'étouffer et toussa bruyamment.
    
    — Effectivement, mais un peu de tact quand tu abordes ce genre de sujet serait bienvenu Jaelyn, répliqua Vince avant de fermer les yeux.
    
    Le silence s'installa dans l'habitacle, laissant Ileana seule avec ses pensées. Enfin ce n'était pas tout à fait exact : lorsque ses émotions devenaient trop vives, l'épaule ou le bras de Vince la frôlait, l'aidant à retrouver un peu de calme.
    
    En entrant dans le hall où les voyageurs enregistraient les bagages, Ileana prit pleinement conscience de ce que Vince sous-entendait lorsqu'il parlait des problèmes de Sensibilité dans les aéroports. Hormis ses amis, elle ne sentait pas la présence de mages, mais à présent qu'elle était initiée à celle des Autres, elle était noyée sous les informations. Un mal de tête oppressant lui donnait la nausée.
    
    — Inspire profondément, murmura Vince près d'elle, concentre-toi sur nos énergies.
    
    Sa respiration s'accéléra et malgré ses efforts, elle n'arrivait pas à faire suffisamment le vide pour retrouver le contrôle de son don. Vince fouilla dans son sac et lui tendit une plaquette de comprimés.
    
    — Quelqu'un a une bouteille ? demanda-t-il à personne en particulier.
    
    Aymeric lui en proposa une, mais Vince pointa Ileana du menton. Elle récupéra l'eau et le paracétamol qu'elle avala d'un trait.
    
    — Ça va vraiment m'aider ?
    
    Elle savait qu'il faudrait quelques minutes pour que cela fasse effet, mais elle n'y croyait pas vraiment.
    
    — Ça pourra pas être pire, éluda Vince.
    
    Il lui prit la main, encourageant Janaya d'un signe de tête à poursuivre sa route. Ileana écarquilla les yeux de stupeur : d'un coup, tout s'était fait lointain. Les entrelacs magiques, les milliers d'émotions qui l'assaillaient étaient devenus discrets. Leur symbiose était dominante et apaisante.
    
    Voyant qu'elle ne se mettait pas en marche, Vince s'alarma :
    
    — Ileana ?
    
    — Ça va beaucoup mieux.
    
    — Le cachet fonctionne déjà ? s'étonna-t-il.
    
    — Pas vraiment.
    
    — Tu as réussi à prendre le dessus ? Parfait !
    
    Ileana le dévisagea un instant avant de céder à l'expression pressée de Janaya. Elle observait à la dérobée Vince qui ne la lâchait pas. Il n'avait de toute évidence pas conscience de l'effet que ce contact avait sur elle. Elle sentit la pression de sa paume se faire plus légère et elle resserra ses doigts autour de ceux de son Dimidiam. Ce dernier ne s'en formalisa pas, continuant sa route comme si de rien n'était.
    
    Elle était troublée par le manque de réaction de Vince, mais également soulagée de ne pas avoir à se justifier. Ils avançaient au milieu des voyageurs, qui étaient tantôt pressés, les yeux à la recherche des écrans, tantôt anxieux, fixant le cadran de leur montre.
    
    Janaya les guida jusqu'à une zone séparée du reste de l'aéroport par une grande baie vitrée opaque. À l'extrémité d'une file d'attente vide délimitée par des cordons rouges, une femme en uniforme demandait les passeports et les billets d'avion en anglais.
    
    Ileana paniqua en réalisant que les échanges ne se feraient pas en français. Sa détresse s'intensifia lorsque Vince lâcha sa main pour attraper ses papiers. Néanmoins, elle ne ressentit aucun changement bien que le contact physique ne soit plus.
    
    D'une légère pression dans le dos, Aymeric l'encouragea à avancer. Elle le fit, tendant son passeport au nom d'Alice Roy à l'employée accueillante. Cette dernière lui parlait anglais et si la jeune femme la comprenait par bribes, la plupart des mots qu'elle prononçait lui échappaient. Elle lui rendit ses papiers, lui montrant les files d'attente de la main, toujours en souriant. Ileana marmonna un remerciement et s'empressa de rejoindre Vince qui la devançait vers les contrôles de sécurité.
    
    Il y avait beaucoup de monde, les procédures la perdaient un peu, mais Vince et Aymeric s'assuraient chacun à leur manière que tout se déroulait sans accroc.
    
    Enfin de l'autre côté, leur sac sur les épaules, Janaya et Jaelyn avaient le nez en l'air à la recherche des bonnes indications :
    
    — On est toujours porte 23, précisa Jaelyn.
    
    — Alors, c'est par là, pointa Janaya du menton. Même si on a limité le temps d'attente pour éviter qu'on nous repère, il nous reste une bonne demi-heure avant le décollage.
    
    Ils se mirent en route, Vince observant les devantures avec intérêt :
    
    — Bonne nouvelle, dit-il sans enthousiasme. Je vais pouvoir prendre un ou deux cafés. J'espère juste qu'on trouvera un vrai expresso et non un jus de chaussette !
    
    — Tu restes sur ton idée de ne pas dormir ? demanda Janaya.
    
    — Je pense que c'est nécessaire si je veux garder un contrôle total. Il y a trop de risques à ce que je dorme. Je compte d'ailleurs sur vous pour me réveiller si je m'assoupis.
    
    — Alors, espérons qu'on tombe sur un truc italien, ajouta la Colombienne. Avec un peu de chance, on trouvera ton bonheur.
    
    Ileana se laissait guider, sans savoir où poser les yeux. Elle avait du mal à se repérer dans ce dédale, mais ne trouvait pas la situation trop inconfortable. Près d'elle, Aymeric s'assurait qu'elle les suive tandis que sa magie ainsi que celle de Vince étaient en permanence connectées. Elle commençait à croire que la vie hors de Roraima ne serait peut-être pas si éprouvante que cela. Du moins, tant qu'elle n'était pas séparée des autres. Elle accéléra le pas pour se rapprocher des jumelles qui semblaient ici comme chez elle.

Texte publié par dating femme gradignan, 13 mai 2017 à 07h47
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