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rencontres villeneuve les avignon Tome 2, Chapitre 8 « Ileana » dating femme montreuil Tome 2, Chapitre 8
La pièce était sombre. À travers une vitre, Ileana vit une silhouette qu'elle tarda à identifier. Il s'agissait d'Emi enchaînée à un pentacle dessiné sur le carrelage. La terreur l'envahit. Elle frappa le verre de ses poings, tenta d'attirer l'attention de son amie, mais rien n'y fit.
    
    Un homme s'approcha d'Emi. Son visage était plongé dans l'ombre, si bien qu'Ileana était incapable d'en distinguer les traits. Il posa des papiers sur une desserte, rangea son stylo dans la poche de sa blouse blanche et tourna le dos à Ileana pour mieux observer Emi.
    
    La sensible avait les mains en sang à force de frapper la vitre et la voix cassée par les hurlements. Emi n'avait d'yeux que pour le briseur, le souffle court et le corps tremblant.
    
    L'homme tira sur la chaîne pour forcer la mage à se lever. Cela sortit Emi de sa stupeur et elle essaya de fuir, ses doigts cherchant une prise sur le sol carrelé. Le briseur donna une brusque secousse et sa prisonnière tomba à ses pieds.
    
    Ileana criait à pleins poumons. Elle suppliait l'homme, lui jurait qu'elle se plierait à ses lubies les plus sombres. Il ne lui accorda pas un regard.
    
    À présent, il menaçait Emi qui secouait la tête avec un air farouche. Elle n'était pas la première à le défier. Ileana avait déjà assisté de trop nombreuses fois à ce spectacle. Peut-être qu'elle-même avait agi ainsi au début de sa captivité, mais elle ne s'en souvenait pas. Si cela avait été le cas, l'issue avait été différente.
    
    L'homme lâcha la chaîne et poussa un juron agacé. Il ouvrit sa blouse pour atteindre l'arme qu'il portait à la ceinture. Ileana gémit en découvrant le coutelas. Tirant Emi par ses cheveux nattés, le briseur dégagea sa gorge. Son geste resta en suspens une fraction de seconde et Ileana retint son souffle.
    
    Soudain, ce n'était plus un couteau, mais un révolver qu'il avait dans la paume. À quelques mètres de lui, ce n'était plus Emi, mais Vince qui était la cible. Le jeune homme était à genoux une main devant lui comme pour se protéger de la balle.
    
    Ileana se figea, fébrile d'appréhension. Le coup partit et sa voix se brisa dans un hurlement. Bien que du sable se dressa entre Vince et son opposant, cela ne suffit pas. Le projectile se perdit dans la poitrine du mage qui s'affaissa au ralenti en grognant.
    
    Le cri d'Ileana se mua en sanglot.
    
    Subitement, le briseur avait de nouveau les cheveux d'Emi dans le poing gauche et le coutelas dans l'autre. La fureur donna la force qui manquait à Ileana. Elle secoua la tête et crispa sa mâchoire. Pas cette fois. Elle ne le laisserait pas arriver à ses fins. Elle embrasa ses mains pour détruire la cage de verre, bien décidée à tuer l'assassin.
    
    Brusquement, on la ceintura pour la faire reculer. Feulant de colère, elle se débattit, permettant à sa magie de devenir plus puissante entre ses doigts. Comme on ne la lâchait toujours pas, la jeune femme se retourna et mordit avec toute sa force et sa volonté celui qui essayait de la retenir.
    
    Il y eut un râle, puis un murmure :
    
    — Leane…
    
    Cela lui fit l'effet d'un électrochoc. Ileana ouvrit les yeux et desserra sa mâchoire. Le goût métallique dans sa bouche lui donna envie de vomir. Elle repoussa violemment Vince et recula précipitamment au point d'en tomber du lit. Elle dévisageait avec horreur le jeune homme qui la regardait en retour d'un œil vitreux.
    
    Vince maîtrisait dans sa main droite une flamme d'un mètre de haut qui ondulait calmement. Son T-shirt était taché au niveau du trapèze. Un arc de cercle presque parfait se dessinait petit à petit. La trace de ses dents.
    
    La porte s'ouvrit et Elaine entra dans la chambre. Elle observa la situation quelques secondes avec stupeur avant de trouver ses mots :
    
    — Vincent, éteins ce feu avant d'embraser quelque chose.
    
    Le jeune homme obéit dans l'instant et se frotta le visage avec fatigue sans prêter la moindre attention à la morsure qui devait pourtant l'élancer. La vue de la blessure fut comme un écho au goût métallique qui se propageait dans la bouche d'Ileana. Elle se leva, bouscula sa mère pour se précipiter hors de la pièce.
    
    Sans un regard pour Aymeric, Janaya et Jaelyn dans le couloir, elle courut dans la salle de bain et alluma le robinet avec des gestes tremblants. Au moment de se pencher pour se rincer la bouche, ses yeux captèrent furtivement son reflet et elle distingua une goutte de sang sur ses lèvres. Elle retint avec difficulté un haut-le-cœur.
    
    Elle aurait été bien incapable de dire le nombre de fois où elle avait rempli sa bouche pour tout recracher dans le lavabo. La légère teinte rosée avait depuis longtemps disparu lorsqu'elle arrêta enfin. Avant de considérer ses ablutions finies, elle prit soin de frotter son visage au point que cela provoqua des irritations. Elle n'y prenait pas garde et continuait à nettoyer son menton avec des gestes compulsifs.
    
    — Ça suffit.
    
    Une main hâlée coupa l'eau :
    
    — Tu vas te faire du mal, soupira Janaya en secouant la tête.
    
    — Je l'ai mordu.
    
    Cela lui arracha un petit rire :
    
    — Il a connu bien pire, ne t'en fais pas. Elaine n'avait pas fini de le soigner qu'il était déjà à moitié endormi. Il ne t'en tiendra pas rigueur et se remettra en un clin d'œil.
    
    — J'avais du sang dans la bouche…
    
    Janaya la dévisagea un instant avant de passer la tête par la porte :
    
    — Jaelyn, tu apporterais quelque chose à boire ou à manger ? Un truc qui a du goût.
    
    Ileana restait sceptique :
    
    — Tu crois vraiment que ça enlèvera la sensation ?
    
    Janaya haussa les épaules :
    
    — Ce n'est pas si dramatique que ça ! Essaye d'oublier.
    
    — Je l'ai mordu au sang ! Il te faut quoi comme truc grave ?
    
    — Je sais pas. Je pense qu'on a eu notre dose ces derniers jours… On pourrait même dire que ça dure depuis quelques mois ! Ça doit aider à relativiser !
    
    Jaelyn frappa à la porte et Janaya récupéra des gâteaux qu'elle tendit à Ileana. La jeune femme les attrapa et se laissa glisser contre le mur pour s'asseoir sur le sol carrelé. Sans rien dire, la Colombienne l'imita. Ileana ouvrit le paquet et prit un sablé qu'elle mordit du bout des dents. Le silence s'éternisa sans que l'une ou l'autre ne cherche à le briser.
    
    Ileana avait du mal à mettre de côté ce qui venait de se passer, néanmoins la matière granuleuse et le goût beurré l'aidèrent à avoir les idées un peu plus claires :
    
    — J'ai une réaction exagérée ? Vraiment ?
    
    — Peut-être pas pour le commun des mortels… Juste pour des gens comme nous qui ont vu trop de combats.
    
    Ileana sortit un nouveau sablé du paquet :
    
    — Je ne me souviens pas de cette période.
    
    — Je pense que ton séjour chez les briseurs te fait sans mal entrer dans cette catégorie.
    
    Janaya la laissait reprendre ses esprits à son rythme et Ileana avait besoin de parler pour y parvenir :
    
    — J'ai eu un cauchemar…
    
    — Vu tes hurlements, je ne suis pas surprise de l'apprendre.
    
    — J'en ai moins lorsque je dors avec Vince.
    
    Ileana continua à voix basse :
    
    — Il y avait Emi et un briseur. Et je n'ai pas vraiment compris pourquoi, ensuite, c'est Vince qui s'est retrouvé face au briseur. Il lui a tiré dessus en plein cœur. Puis c'était de nouveau le briseur et Emi, il allait la tuer…
    
    Elle avait quelques difficultés à mettre de la cohérence dans son rêve afin de le raconter. Cela n'eut pas l'air de déranger Janaya :
    
    — En plein cœur ? demanda-t-elle avec une expression bien trop curieuse pour que ce soit innocent.
    
    — Il y aurait une raison ?
    
    — Lorsque tu as été enlevée, ils ont laissé Vince pour mort derrière. Une balle avait frôlé son cœur. Sans les talents de Thomas, il ne serait plus là aujourd'hui. En vérité, ça s'est vraiment joué à pas grand-chose.
    
    — Tu penses que c'est un souvenir ?
    
    — Ça ne me semble pas improbable en tout cas !
    
    — Pourquoi maintenant ? Pourquoi ça ? Tu crois que je vais en avoir d'autres ?
    
    — Pour ta dernière question, je ne sais pas. Peut-être que ça va amorcer quelque chose. Ou pas. Le docteur Thomas ne savait pas lui-même ce qui pouvait se produire.
    
    — Et pour le reste ?
    
    — Je pense que c'est grâce à votre lien !
    
    — Tu parles du lien magique ou de quelque chose de sentimental ? demanda Ileana un peu inquiète par la réponse.
    
    — Magique ! répondit Janaya en riant. C'est évident que vous vous appréciiez beaucoup, mais c'était parce que vous étiez Dimidiams, il n'y avait pas d'amour entre vous.
    
    — Dimidiam ?
    
    Janaya la dévisagea un moment, toute trace d'amusement ayant disparu de son visage. Elle prit un air songeur :
    
    — On aurait dû avoir cette conversation bien plus tôt. Ça nous paraissait tellement normal qu'on a oublié que ça ne le serait pas pour toi.
    
    — Janaya, parle plus clairement s'il te plait : je ne comprends rien !
    
    — Vous n'étiez pas juste partenaires, un simple duo de mages, vous étiez Dimidiams. Comme je le suis aujourd'hui avec Jaelyn même si notre cas est un peu particulier ! Cela signifie que tu peux très facilement te connecter à son don, presque sans effort, et surtout sans que vos magies s'affrontent.
    
    Ce mot la fit frissonner. Elle se souvenait de ces mages qui avaient été obligés de se lier à elle et qui n'avaient pas survécu à l'expérience.
    
    Constatant son malaise, Janaya lui prit la main pour la rassurer :
    
    — Dis-moi si tu préfères que je me taise.
    
    — Continue.
    
    — Comme tu veux, arrête-moi si tu changes d'avis. C'était ta première fois, donc tu n'en as pas eu conscience, mais il faut normalement des heures ou beaucoup d'entraînement en commun pour réussir ce que tu as fait dans la jungle. Tu n'aurais pas pu l'aider si vous n'aviez pas été Dimidiams. Votre compatibilité n'aurait pas été assez haute pour ça. Je suis par contre incapable de te dire si le lien s'est recréé ou s'il s'est… réveillé. Je suppose qu'il faudrait demander à Vince pour le savoir.
    
    Voyant qu'Ileana restait silencieuse, la Colombienne insista :
    
    — Tu as besoin de ressentir sa magie, non ?
    
    — Besoin de le toucher, avoua-t-elle le rouge aux joues.
    
    — Le lien requiert souvent un contact très tactile, surtout au départ. Ça devient vite comme une drogue. C'est pour ça que le début de la relation passe en général par une phase de sevrage.
    
    — Un sevrage ?
    
    — Une séparation pour s'habituer à l'absence de la magie de son Dimidiam. On n'aurait pas dû te laisser dormir avec lui ! Ça a une forte influence sur les mages. Parfois au point d'oublier son individualité. La distance dans les jours qui suivent la création du lien permet de trouver un certain équilibre.
    
    — C'est pour ça que Vince met de la distance ? Même si je peux l'apaiser ?
    
    Ileana n'avait pas compris l'insistance du jeune homme pour dormir séparément alors qu'elle tempérait si bien sa surcharge dans les moments où il était le plus vulnérable. Bien sûr, elle avait conscience que partager le même lit était inconvenant, mais le mal-être de Vince avait un impact direct sur elle, la poussant d'autant plus à lui venir en aide.
    
    — Entre autres, répondit Janaya.
    
    — Il y a donc bien autre chose. Je me trompe ou ça ne lui plait pas que je sois sa Dimidiam…
    
    — Il voulait surtout ne pas t'imposer quelque chose que tu ne souhaitais pas.
    
    — Je l'ai fait. On doit faire avec. On peut annuler le lien ?
    
    — Oh non ! Ce qui dérange Vince c'est que tu ne savais pas ce que tu faisais. Notre discussion en est la preuve.
    
    — Je pouvais l'aider ! Je l'ai fait ! Il va me le reprocher ?
    
    — J'en doute. Il aurait juste souhaité que ça se passe autrement. Il va peut-être s'en vouloir un peu, aussi : il est doué pour ressentir de la culpabilité même lorsqu'il n'y aucune raison que ce soit le cas. Ça va de pair avec son sens du devoir un poil exacerbé quand il le décide.
    
    — De quoi a-t-il peur ? Ce n'est pas un drame qu'on soit Dimidiam.
    
    — Tu ne pourras plus envisager ta vie sans lui. Je te parle pas d'amour, c'est plus viscéral que ça. Le fait qu'il soit en surcharge le fait baliser. Il sait que sa mort est une possibilité. Il a essayé de vivre sans sa Dimidiam, il a expérimenté combien il est dur de continuer d'avancer. Ce n'est pas un hasard si après la mort d'un des mages, le deuxième se suicide ou subit une surcharge dans les mois qui suivent. Il ne te souhaite pas ça et voulait te l'éviter.
    
    — J'ai du mal à comprendre.
    
    — Si tu penses à sa mort, ça ne t'évoque rien ? demanda Janaya avec curiosité.
    
    — Je ne sais pas. Je... n'y arrive pas.
    
    — Le lien est quelque chose de difficile à expliquer : ça se vit. Ce que je ressens pour Jaelyn est différent de ce qui se passe entre toi et Vince. Et il n'y a pas assez de duos pour pouvoir évoquer autre chose que des cas particuliers
    
    — C'est si rare que ça ?
    
    — Quoi ?
    
    — De trouver son Dimidiam ?
    
    — À Roraima, nous étions 7… Et encore, Jaelyn étant officieusement mille Dimidiams, et pouvant donc s'associer avec une grande majorité de nos confrères, je ne suis pas sûre qu'on soit toujours compté dedans si cela se savait.
    
    Ileana n'avait pas réalisé la rareté de sa situation. Malgré ce que tentait de lui expliquer Janaya, la notion de Dimidiam restait floue. Elle avait compris que grâce à cela elle pouvait aider Vince et peut-être que c'était également pour cela qu'elle l'avait fait. Plus elle y pensait, plus elle avait du mal à démêler ses sentiments et était bien incapable de différencier ce qui tenait de sa volonté propre ou de celle de sa magie.
    
    Janaya poursuivit, un léger sourire aux lèvres :
    
    — Je crois que tu devrais essayer d'avoir une vraie discussion avec Vince : il a probablement les clés qui te permettront d'avancer sur la question. Je ne te cache pas que ça ne sera pas simple : je doute qu'il y mette du sien ! Mais si tu insistes un peu, il ne se défilera pas éternellement. Il ne peut plus faire marche arrière et il le sait, même s'il ne voudra pas le reconnaître tout de suite.
    
    — Et je peux vraiment y parvenir ?
    
    — Tu as toujours su arriver à tes fins. Si tu en as envie, tu y parviendras.
    
    La Colombienne avait l'air convaincu de ce qu'elle avançait. Ileana avait du mal à partager son enthousiasme. Soudain, un mot lui revint en mémoire :
    
    — Il m'a appelée Leane, dit-elle sans cacher sa curiosité.
    
    Cela ne surprit pas la jeune femme au caractère enjoué :
    
    — Il t'appelait souvent comme ça. D'abord uniquement lorsque vous étiez entre vous, mais avec le temps cela lui échappait de plus en plus en public.
    
    Ileana avait du mal à imaginer une quelconque intimité entre eux tant Vince gardait ses distances. Néanmoins, la sonorité de ce surnom résonnait agréablement à ses oreilles.

Texte publié par rencontres ado gay bruxelles, 13 mai 2017 à 07h45
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